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lundi 9 avril 2012

Récit d'un rescapé du Titanic publié le 5 mai 1912 dans le journal français "le Miroir".

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic, transatlantique de la White Star Line, heurte lors de son voyage inaugural un iceberg au large de Terre-Neuve. Il coulera quelques heures plus tard causant la mort de 1490 personnes.

Un journal français de l'époque, le Miroir, publia en mai 1912 des dessins représentant la tragédie ainsi que le récit d'un électricien rescapé du naufrage.

Le dessin suivant représente les passagers réunis autour de la musique de bord qui entonnèrent le chant anglais " mon Dieu, plus près de toi " avant que le transatlantique s'enfonce dans les flots.


Un autre dessin représente la hauteur du Titanic au-dessus de la mer comparé à une maison de cinq étages et qui permet de se rendre compte des difficultés que présentait la mise à la mer des canots de sauvetage.



Quand au récit du rescapé, en voici un extrait:

"Je me suis embarqué sur le Titanic à la dernière minute pour remplacer un des électriciens tombé malade au moment de partir.
Nous étions dix hommes à l'électricité-trois par quart- et un chef d'équipe.

Le soir du naufrage, j'avais quitté le travail à huit heures. A neuf heures et demie, nous étions encore au carré des mécaniciens à causer après le repas en fumant des pipes.
Vers dix heures moins le quart, le chef électricien entre au carré en coup de vent et me dit : puisque vous n'êtes pas encore couché, allez donc au 27 des premières. Il y a là-haut une dame qui fait un bruit de tous les diables parce que son téléphone ne marche pas.
A l'atelier, pendant que je préparais mon sac, un tourneur qui faisait une pièce pour la timonerie me demanda : Est -ce que vous avez des renseignements? Il parait qu'on a affiché des télégrammes dans la chambre de veille des officiers. Tous les bateaux nous signalent des icebergs.
Un forgeron écossais qui travaillait aussi à quelque chose de pressé prétendit avoir eu l'occasion d'entendre une heure auparavant deux officiers qui s'entretenaient des glaces et dont l'un aurait dit à l'autre : c'est idiot, nous marchons au milieu de ça à toute allure comme des fous.
Je les laissai. C'était une demi-heure avant la collision. Je ne les ai plus jamais revus.

L'appartement qui portait le numéro 27 était l'un des plus somptueux du pont promenade.Je trouvai là une grande blonde un peu fanée en peignoir.Elle envoya un garçon quérir son mari au fumoir. Le mari, l'air d'un gros banquier bien calme, arriva juste au moment où la dame était en train de me traiter durement comme si j'étais responsable de l'avarie de son téléphone.

Le monsieur qui avait l'air d'avoir l'habitude de ces petites scènes me dit : Mon ami, ne vous émotionnez pas. Voyez si vous pouvez réparer cela rapidement. Sinon, nous attendrons très bien demain matin.

Là-dessus, la grande blonde reprend un accès de fureur.
Demain, demain ! Et s'il m'arrive quelque chose pendant la nuit?
Qu'est-ce que vous voulez qui vous arrive ? fait l'autre.

Et s'étendant sur le divan, il envoie de la fumée de son havane au plafond pendant que je dévisse l'appareil à la tête du grand lit.

Je venais de terminer la réparation et je causais avec le "central" pour essayer la ligne quand je sentis le choc.
Ce fut d'abord un coup assez rude. Ensuite, il y eut un raclement comme si, pendant deux ou trois secondes, le bateau avait frotté contre un mur. Mais je ne perçus cela qu'à une petite trépidation bizarre sous les pieds et n'entendit aucun bruit.

Le téléphoniste qui était à l'autre bout du fil me demanda :
 - Vous avez senti ?
 - Très bien , lui répondis-je.
 - Qu'est-ce que ça peut être ?
 - Un petit iceberg, mon fils. Voilà le moment de décrocher nos ceintures en bouchon.

Je lui dis cela par pure plaisanterie et sans y croire.
Mais en me retournant, je vis les yeux du banquier fixés sur moi. Il était blême.

 - Qu'est-ce que vous venez de dire , glapit-il. Vous croyez que ce choc ? ...

Et tout d'un coup, le voilà qui saute debout et file sur le pont en criant :

 - Damn it ! Les machines ne marchent plus !

Je ne pus m'empêcher de rire de sa peur.

Toutefois, il avait dit vrai. Les machines ne tournaient plus. La trépidation du bateau venait de cesser." ......


On connaît la suite.

Cent ans plus tard, la tragédie du Titanic fait toujours frémir.

Maryse








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